Des fibres et des oligo-éléments

La base de toute approche concernant le maintien de l’équilibre et du bien-être du cheval est l’alimentation quotidienne, la façon de se nourrir ou d’être nourri. Il n’est pas forcément nécessaire de donner des aliments concentrés (céréales, aliments industriels) pour subvenir aux besoins d’un cheval, tout l’effort doit être porté, d’une part sur la fibre, d’autre part sur la qualité des nutriments de base que sont les oligo-éléments !

La fibre, un aliment essentiel. La mastication, un besoin fondamental.

La fibre grossière a besoin d’être fragmentée et insalivée avant sa prise en charge par le microbiote cæcal. La satisfaction profonde du besoin alimentaire, ou satiété, dépend étroitement du temps passé à mastiquer la fibre (16 à 18 heures pour quelque trente mille « coups de mâchoire » par jour !). La fibre une fois broyée (une seule fois en effet chez le cheval non ruminant) va transiter vers les secteurs microbiens et entretenir la symbiose essentielle avec les flores intestinales cellulolytiques (dont l’aliment est la cellulose), lesquelles flores symbiotes vont à leur tour nourrir le cheval les produits de leur métabolisme (énergie, vitamines, neurotransmetteurs, hormones, antibiotiques naturels, etc.) et participer à maintenir ses capacités d’adaptation, son immunité.
Au-delà de la fibre, il faudra garantir un apport qualitatif en oligo-éléments (et vitamines naturelles), fixés sur des supports organiques tels que fruits, légumes, plantes terrestres et algues.

L’insuffisance d’apport en fibres grossières peut générer des troubles dentaires (défaut d’usure), digestifs, métaboliques, comportementaux … du simple fait que les besoins fondamentaux de l’espèce équine ne sont pas satisfaits.

Par ailleurs, tout aliment ayant subi des transformations et des traitements perd de ses qualités et n’offre plus les mêmes repères aux comportements instinctifs du cheval. Une plante qui, enracinée, ne serait pas consommée, peut l’être une fois coupée.

L’excès de matière azotée (protéines) peut être préjudiciable au bon fonctionnement de l’organisme.

Quant aux céréales, la capacité du cheval à assimiler l’amidon des graines est limitée par la quantité d’enzyme (amylase pancréatique) sécrétée quotidiennement.

La digestion du cheval est essentiellement microbienne. Et le microbiote du cheval est essentiellement cellulolytique.

Ce que nous nommons « cheval » est en fait une symbiose très ancienne entre un mammifère herbivore non ruminant et cent mille milliards de microbes !

Les fibres grossières doivent toujours constituer la base de l’alimentation, quels que soient l’âge, la race, l’état physiologique, l’exercice pratiqué … soit sur pied (branches, feuilles, ronces, écorces, prairies de fauche tardive, chaumes …), soit coupées et séchées ( foins et pailles).

S’il est évident que certains chevaux très sollicités ont un besoin énergétique très important, il faut savoir que l’essentiel des sucres et acides gras volatils utilisés comme source d’énergie provient de la digestion microbienne de la cellulose, et non des céréales.

Altérer le fonctionnement des flores symbiotes, c’est priver le cheval d’une part de son identité, d’un « organe » dont les fonctions sont essentielles à son bien-être, à ses capacités d’adaptation. Le microbiote constitue un second génome dont les capacités métaboliques sont exceptionnelles et vitales pour l’équilibre du mammifère hôte.

Pour en savoir plus sur l’alimentation du cheval :

*ANCELET Eric, Hippothèses, Pour une Alternative en Médecine Equine